Chapitre 3
Mardi 24 août, deuxième semaine de cours
>> Point de vue June <<
Il est temps de vous parler un peu de Tokio Hotel. Pourquoi je les déteste autant ? Comment puis-je aimé leur musique ? Quand j'avais environ 10 ans,
c'est-à-dire il y a sept ans, mon frère en avait douze et c'est à cet âge-là qu'il à connu les jumeaux. Georg, il le connaissait déjà grâce aux cours de musique. Seulement, mon crétin de frère a préféré jouer les malins, comme tous les garçons de son âge, en disant détester sa soeur, que je l'embêtais tout le temps, que je n'étais rien qu'une gamine etc, etc. Cela m'a profondément blesser, car avec mon frère, nous avions toujours eu une très bonne relation. A vrai dire, il était tout pour moi. Du moins jusqu'à cette période-là.
Bien sur, les jumeaux ont pris au pied de la lettre ce que disait Gustav, sans même essayer de me connaître. Je dois dire qu'ils étaient jeunes, ça aurait pu être une simple "erreur" de jeunesse. Mais cela n'a toujours pas changer. Lorsqu'ils viennent à la maison, ils prennent un malin plaisir à me faire du mal, à me blesser. Ils me disent des mots qui me font mal, qui me heurte en plein coeur et le casse encore un peu plus. Georg lui, me connaissait avant cette période-là. Il a suivit ses amis, par peur de les perdre, sûrement. Je les hais du plus profond de mon coeur. A par peut-être Tom. Je ne peux rien dire de lui. Finalement c'est le seul qui ne m'a pas vraiment embêter. En fait, il suivait son frère, sans rien dire. Il regardait. Mais il n'a rien fait pour les faire changer, je lui en veux.
Ensuite, comment ai-je connu leur musique ? Ou plutôt aimer ? Au début, alors qu'ils n'étaient que “Devilish”, je n'aimais pas du tout. C'était encore trop gamin. Mais après, aux alentours des 16 ans des jumeaux, ils ont commencé à se faire vraiment connaître. Ils passaient dans les journaux, et cela s'est accroissé quand ils ont commencé à se faire connaître en France. Lisant les magasines, j'ai remarqué qu'ils y parraîssaient de plus en plus souvent. Alors effectivement, cela a attiré mon attention. J'ai donc téléchargé quelques chansons, histoire de voir ce qu'ils valaient vraiment. C'est comme ça que moi, June, soeur de Gustav,
aime Tokio Hotel.
***
En plein cours de math, alors que j'observais la verdure des arbres et les canards se baignant dans l'étang, un bout de papier me remis les pieds sur terre. Un coup d'oeil à mon voisin me confirma que s'était bien de lui que venait le message.
<< On m'a dit que tu avais de la facilité en math. Tu voudrais bien m'aider à réviser demain après-midi ? >>
Cela m'étonna beaucoup. Depuis deux semaines qu'il était là, il ne m'avais pas prêter grande attention. Surtout que je n'étais pas la seule à être douée en math. Mais j'acceptai tout de même. Cela me distraira et me fera oublier mes crampes d'estomac. Le reste de la matinée se passa bien jusqu'à la pause de midi. Je me dirigeai à pas lent vers la cantine et me pris une bouteille d'eau. Je m'assis seule car Elisa était malade. Ces temps elle m'énerve, je supporte plus le contact avec les gens. Et Elisa est trop collante. Je ne veux voir personne, parler avec personne. A me l'interdit, ils pourraient t'enlever à moi, elle me dit. Mais j'ai accepté pour Andréa, parce qu'avant j'aurais dit oui, et il faut que je me comporte normalement. Et puis ce sera une chose de plus où je pourrai montrer que je suis la meilleure. Parce que si je ne suis pas la meilleure, je suis la dernière, et ça faut pas. Je dois être douée partout, tout contrôler, tout.
Je surpris le regard d'Andréa, posé sur moi. Dans ses yeux je lus qu'il était intrigué. Je le trouvai bizarre. D'un coup il me demande de faire des mathématiques avec lui, et ensuite il me regarde bizarrement. Je décidai de me levai afin d'aller manger mon “festin” ailleurs. Ce qui me valut des vertiges. Je dus me tenir à la chaise pour ne pas tomber. Un voile de tristesse s'empara de ses yeux. Je ne pus m'empêcher de m'y noyer un moment, avant de revenir brusquement sur terre, je lui lançai un regard noir et voulu aller vers lui pour lui dire ses quatre vérités. Non mais pour qui il se prend ? C'est ma vie, il n'a pas le droit de me regarder. De toute façon je suis moche, il n'y a rien à voir. Les regards des autres me salissent, leurs regards pervers et désireux. Même s'il ne me regardait pas comme ça, il n'ose pas. Je sortis en vitesse de la cafétéria.
***
En rentrant chez moi, je fis un détour par la forêt. En été, j'adore écouter les oiseaux chanter et observer les couleurs de l'été. Le vert pomme des arbres, le marron des troncs mais surtout les reflets du soleil filtrant à travers les feuilles. Mon ventre gronda mais je tentai de l'ignorer. Depuis que mes parents étaient partis
- c'est-à-dire une semaine - j'avais déjà perdu un kilo.
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L'eau brûlante coulait sur ma peau. Je fermait les yeux et me mis bien sous le jet, ma tête fus alors entièrement sous l'eau. L'eau me faisait un bien fou. Brûlante, elle me réchauffait un petit peu. Malgré la chaleur de l'eau, je continuai de frissonner un moment. Mais je n'avais pas à me plaindre. C'était soit : avoir froid dû au manque considérable de calories avalées, soit être une grosse vache jusqu'à la fin de ma vie. J'obtai pour la première solution. Après vingt minutes, je sortis enfin de la douche, enfilai rapidement mon pyjama puis allai dans ma chambre. Ces simples gestes de tous les jours me faisaient déjà souffrir. Ma respiration s'accélérait et mon pouls aussi. J'allumai mon ordinateur et me connectai ensuite sur “tokiohotel.com”. Je remarquai alors une vidéo. Bill s'excusait d'avoir annuler des concerts à cause de son opération.
Pourquoi Bill était-il si attentionné, gentil, envers ses fans ? Pourquoi ne pouvait-il pas faire l'effort de me connaître avant de me juger ? Et surtout, pourquoi Gustav ne s'est-il même pas excuser de la façon dont il avait parler de moi à ses amis ? Etais-je donc moins importante que ses amis ? Sûrement...Sinon, pourquoi aurait-il réagi comme il l'a fait ? Tant de questions sans réponses...
***
Quand je me réveillai, il était 11 h 46. Je me levai, doucement afin d'éviter les vertiges, et me dirigeai vers la salle de bain pour faire ma toilette habituelle. La première chose que je fis fut de me peser. Enfin, enfin j'approchais de plus en plus de la perfection. 39 kilos. Enfin un trois, et plus un quatre.
J'observai mon corps dans la glace. C'était comme si je ne faisait plus partie de mon corps. Je me sentais flotter au dessus de lui. Je me voyais lever ma main vers ma joue et la caresser. Donner des coups sur mon ventre, l'aplatir encore. Regarder cette graisse recouvrir mon ventre, mes côtes. Penser qu'elle ne sert à rien. Le corps est fait d'os, pourquoi il y a de la graisse dessus ? C'est inutile. Mes joues sont grosses, mais regarder moi ! Je suis moche.
Je flotte au dessus de mon corps, et je l'observe. A à pris possession de mon corps. Elle contrôle tout. C'est grâce à elle si je suis en train de devenir parfaite. Elle m'a construit une muraille, elle me protège. Elle repousse les gens qui viennent trop près, elle me dit stop à la nourriture, elle m'aide à me dire quand j'ai trop manger. Ma tête entière est devenu une calculette. Ma tête est rempli de nourriture. J'y pense jours et nuit. Je ne veux pas en entendre parler, c'est sale. Mais j'y pense tout le temps. Je vois un aliment, je regarde la table calorique. A force je connais par coeur la table de tout les aliments. Le pourcentage de lipide de chaque aliment, de chaque cent gramme. Pomme, 76 calories, pas de lipide. Viande, beaucoup trop. Pizza, 700 calories. Je connais tout, je passe ma journée à compter. Ma tête va exploser mais je ne peux faire autrement. Nourriture, calories, compte, compte, compte...
Vers une heure, je fus prête. Je descendis, enfilai mes ballerines, pris ma veste en cuir et me dirigeai à pas lent vers la maison d'Andréa. Marcher, tous les jours. Vite, vite. Cent abdos le soir, non deux-cents. Allez juste encore cent, bah finalement milles ce serait parfait. Sport, nourriture, calories.
Arrivé chez lui, j'hésitai puis finalement, je finis par toquer.
- Hello ! dit-il en m'ouvrant.
- Salut, répondis simplement.
- Tu n'as pas l'air bien toi !
- Merci, très bonne façon d'accueillir les gens.
- Désolé. Entre ! Tu veux manger ou boire quelque chose ?
- Un verre d'eau s'il te plaît.
- Tiens.Quelque chose chez lui m'intriguait. Peut-être sa façon d'être si familier envers moi alors qu'on ne se connaît que depuis une semaine ? Je ne sais pas. Mais plus je le regardai, plus il m'attirait. Mais A me la interdit. Je n'ose pas le laisser percé cette muraille, il n'ose pas la franchir. Il va t'éloigné de moi, me susurre A, ne l'écoute pas. Non non !!! Tu ne dois pas partir A, reste. Andréa, je ne le laisserai pas. Je ne veux pas te perdre, sans toi je meure. Protège-moi encore, aide-moi à atteindre la perfection.
L'attirance n'est pas forcément Sexuel, elle peut être simplement lié à l'envie de connaître une personne qui nous intrigue, à la découvrir.